Alors voilà, c’est Pâques, et ici en Angleterre ça veut dire week end de quatre jours.
Rester bloqué à Londres alors qu’il ne pleut pas? Pas question, je me dis, et je decide d’acheter, sur Internet, un billet de train pour la côte. La côte anglaise…
Premier problème: où acheter ce billet? Point de site web, ni même de bon vieux 3614 SNCF. Chacun des opérateurs a son propre site. Donc, il faut trouver l’opérateur qui a la concession sur la ligne, et chercher sur son site. Pas facile, mais c’est un des bienfaits de la privatisation: on a le choix. Le choix de quoi, je ne sais pas, à vrai dire.
Première surprise, la compagnie en question ne vendant pas de billets individuels sur le Net (!)
Je me rabat donc sur http://www.nationalrail.co.uk/, qui est la seule tentative d’intégration de tout ce gros désordre. Après avoir entré tout les détails et vérifié la disponibilité et les prix, je me prépare à payer.
Seconde surprise: le site me redirige vers les sites web des opérateurs. Seuls ceux ci pourront me vendre le billet, au nom de la Southern.
Je choisis donc One, et doit re-rentrer tous les paramètres de mon voyage. Ok, je décide que ça ne fait rien, c’est toujours plus rapide qu’un terminal Minitel. Et comme nous partons le lendemain matin, il y a l’option est d’utiliser une borne “Fast Ticket” pour récupérer le billet sur place.
Or, j’apprends que ces bornes ne sont disponibles que dans quelques-unes des gares du centre de Londres. Et le site me demande de choisir celle dans laquelle je veux récupérer mon billet.
Notre train part de London Bridge tôt le matin, et il n’y a pas de borne FastTicket là bas, donc l’interêt d’un achat sur le Net commence à être discutable, mais passons: il n’est pas trop tard, je peux aller à Fenchurch Street prendre possession de mon bien (à 45£ tout de même).
Or, à Fenchurch Street, aucune des bornes ne fonctionne. Il n’y a même pas de kioske de vente ouvert, juste des préposés à la sécurité nerveux (on est veille de weekend, il est 23h15, c’est la City: tous les voyageurs sont bourrés). Bref, personne n’est capable de me renseigner. Un coup de téléphone au service client de One Railway, et on me propose d’aller discuter avec l’émetteur du billet – Southern Railway.
Ce que nous faisons le lendemain matin, avec nos sacs à dos, à London Bridge. Là, je me dis – j’aurais mieux fait d’acheter sur place.
D’ailleurs, c’est ce que l’employé nous dit: il ne peux pas nous donner notre billet, puisque le contrat d’achat nous lie à One Railway, pas à la Southern. Même si c’est un billet de train sur la Southern. Puis il se lamente sur la privatisation. Aucune intégration, les profits avant la sécurité des voyageurs, les bas salaires… Finalement je le comprends: après tout, il est encore plus directement touché que nous.
Donc, soit nous achetons un nouveau billet et espérons de One Railways un remboursement (ce qui nous permettrait de sauter dans notre train), soit nous allons à la recherche d’une borne FastTrack en état de marche (il y en aurait à King’s Cross et à Euston), et revenons à temps pour le prochain train.
Car fort heureusement c’est un billet ouvert pour la journée. Tout aussi fort heureusement, la Northern Line qui nous permet d’aller à King’s Cross est l’une des seules ce matin là à ne pas être touchée par des fermetures ou des retards, donc nous optons pour la seconde solution.
Finalement, si vous voulez aider les transports britanniques, faites comme moi: offrez leur votre vieux Minitel.
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